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La méthode Singapour, solution pour une meilleure éducation financière à l'école ?

La méthode Singapour, solution pour une meilleure éducation financière à l’école ?

Geoffroy Barre

La méthode de Singapour va faire son arrivée dans l’enseignement des mathématiques dans les écoles primaires françaises dès la rentrée 2024. Cette décision, annoncée par le ministre de l’Éducation nationale Gabriel Attal dans son plan qui vise un véritable “choc des savoirs”, fait suite aux résultats décevants de la France dans l’étude PISA 2022. La méthode de Singapour, développée dans les années 1980, a propulsé la cité-État asiatique en tête des classements internationaux et a été adoptée par environ 70 pays. La recette qui pourrait améliorer l’éducation financière dès l’école ?

La méthode de Singapour : une approche innovante

La méthode de Singapour se distingue par sa pédagogie explicite, axée sur la compréhension profonde des notions de base telles que les additions, multiplications, fractions et nombres décimaux.

Elle suit trois étapes clés : concret, image, abstrait.

Initialement, les élèves découvrent les concepts mathématiques en manipulant des objets physiques. Ensuite, ces objets sont remplacés par des images pour faciliter la transition vers la compréhension abstraite.

Cette approche vise à développer les compétences intellectuelles et la capacité de raisonnement des élèves, plutôt que de se concentrer uniquement sur la mémorisation des formules.

Une méthode pour changer des pratiques trop ancestrales ?

Dans les programmes scolaires actuels, l’étude des fractions et des nombres décimaux est généralement introduite au cycle 3, qui comprend les classes de CM1, CM2 et 6e. Cette introduction, souvent réalisée de manière abstraite et en fin de parcours élémentaire, conduit à une compréhension insuffisante de ces concepts chez les élèves à leur entrée au collège. Cette initiation tardive, combinée à une mauvaise compréhension des nombres, en particulier des fractions, est une cause majeure des difficultés rencontrées par les élèves en début de collège.

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À l’inverse, plusieurs pays européens choisissent d’introduire plus précocement l’étude des fractions simples et décimales. Précisément avec la méthode de Singapour.

Le Conseil supérieur des programmes envisage d’adapter le programme de mathématiques de l’école élémentaire pour avancer l’enseignement des fractions et des nombres décimaux dès le CE2, et même initier une première approche concrète et visuelle dès le CE1. La notion de probabilité sera également introduite dès le CE2, avec des activités visant à renforcer la compréhension des fractions et des décimaux dans divers contextes tout au long du cycle des cours moyens. L’accent sera mis sur la manipulation et l’approche concrète et visuelle des concepts mathématiques avant de passer à l’abstraction, ainsi que sur la résolution de problèmes.

Chaque semaine, les élèves seront amenés à résoudre des problèmes pratiques. Les enseignants auront la possibilité de choisir ces problèmes dans une base de données nationale élaborée par des laboratoires de recherche, offrant des options adaptées à tous les niveaux scolaires.

La généralisation de la méthode Singapour, après une adoption timide

L’adoption de la méthode de Singapour en France a commencé par des initiatives isolées et s’est progressivement étendue à différentes circonscriptions. Des conseillers pédagogiques et des inspecteurs ont commencé à la promouvoir, entraînant une adoption croissante dans les écoles publiques et privées.

La méthode de Singapour, qui intègre les meilleures pratiques de pédagogies occidentales telles que Montessori, Piaget, Freinet ou Polya, va être adaptée pour répondre aux besoins spécifiques du système éducatif français.

L’introduction généralisée de la méthode de Singapour dans les écoles primaires françaises représente un changement significatif dans l’approche de l’enseignement des mathématiques. Elle vise à améliorer la compréhension et les compétences en mathématiques des élèves français, en réponse aux défis mis en évidence par les résultats de l’étude PISA. Cette méthode, reconnue internationalement pour son efficacité, pourrait marquer un tournant dans la manière dont les mathématiques sont enseignées en France. Et mieux mettre en avant l’éducation financière, autre sujet sur lequel notre pays accumule du retard.

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